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Les contes de Pattou

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Les contes de Pattou

Message par Patte de Cerf le Ven 12 Juin - 12:38

Bonjour/Bonsoir à toutes et à tous,

je vous présente un récit de mon invention mettant en scène mes personnages du jeu dans leur univers. J'espère que le récit vous plaira, n'hésitez pas à me faire part de vos remarques sur ce que vous en avez pensé. Les suites de chapitres arrivent de façon très aléatoires en fonction de mon inspiration. Mais trêve de blabla, place au récit :

Des aventuriers peu communs

Chapitre I-/ L'éveil:
Un battement. Au milieu de la nuit qui m'entourait je ne sentais que ce faible battement. Des coups réguliers, continues, incessants. Soudain un flash, une grande lumière d'une extrême intensité m'éblouit. Le chant d'oiseaux lointain résonnait dans mes oreilles, le vent soufflait contre l'écorce de mon visage et le soleil réchauffait mon corps. Et de nouveau l'obscurité, noire, pesante, étouffante, presque palpable. Quelque chose de chaud coulait sur mon torse et descendait le long de mes hanches. Une pâle lueur mauve rayonna enfin dans les ténèbres. C'était du sang qui me coulait dessus, il dégoulinait des vignes atroces qui m'entouraient. Les visages flous et torturés de mes semblables se reflétaient dans cette océan pourpre. Les cris et les larmes se répercutaient contre le plafond comme un hymne à la peur et au tourment.

Alors que je m'enlisais doucement mais sûrement dans ce piège mortelle des bras puissants me tirèrent hors de l'enfer. J'eus l'impression de tomber, je ne savais plus m'orienter mais je sentais toujours ces bras autour de moi et cette présence derrière moi. Je me retournais et vit son visage, pâle, lisse. Deux grandes orbes d'onyx me fixaient. Je ne distinguais même pas la pupille de ses yeux tant ils étaient sombres. Pourtant ils étaient si réconfortants et doux... Pour la première je me sentais bien, j'étais calme, nos respirations étaient synchronisées, puis il approcha son visage du mien et ce fût le noir.

Des murmures me parvinrent «Il est réveillé ?» disait une voix féminine. J'ouvrais les yeux et découvrit avec surprise l'endroit où je me trouvais. Il était totalement différent de là où j'étais quelques instants auparavant, clair, lumineux et verdoyant. Mais ce qui me choquait le plus c'était toutes ces personnes, tout les autres sylvaris.
«Où suis-je ? Est-ce que je suis en sécurité ? Demandais-je.
- Du calme jeune pousse vous venez à peine de vous réveiller, c'est une belle journée pour le faire n'est-ce pas ? Je vais vous emmener voir Niamh elle seule peut vous aider à comprendre ce que vous avez vu dans le Rêve.»
J'étais encore confus et mon esprit était embrumé mais je me laissais guider docilement.
«Bienvenue au Bosquet jeune pousse, c'est ici que la plupart des sylvaris vivent, sous le regard protecteur de notre Mère.
- C'est... Magnifique ! Tout semble si calme et paisible. Où m'emmenez-vous ?
- Nous descendons jusqu'à la partie inférieure du Bosquet, je voudrai que vous rencontriez la Première-Née du cycle du Jour, votre cycle.
- Qui est-elle ?
- Elle s'appelle Niamh, elle est en charge des protecteurs et a livré de nombreuses batailles. C'est une redoutable guerrière !
- Il me tarde de la rencontrer dans ce cas.»

Tandis que nous traversions chaque étage du Bosquet je pu observer librement les activités qui y régnaient. Du commerce, de l'artisanat, le combat et la magie, rien ne manquait à cet endroit.

Rien sauf lui. J'étais entouré de nombreux semblables et pourtant je me sentais seul et vide. Tout ces visages autour de moi, amicaux et chaleureux ne me réconfortaient pas, pas un seul ne lui ressemblaient. Il était unique.

Le premier étage du Bosquet ne présentait pas vraiment d’intérêt si ce n’est qu’il y avait un portail asura en direction de l’Arche du Lion et qu’il était très beau. Il y avait aussi d’étrange plante d’où s’échappait un fumet exquis. Mon guide m’expliqua qu’il s’agissait de nectar accélérant et qu’on pouvait en prendre si on voulait traverser plus vite la capitale. Enthousiasmé à l’idée de pouvoir consommer le liquide j’en pris une grande gorgée. Je sentais le goût sucré envahir ma bouche et descendre dans ma gorge et je me sentis pousser des ailes. Grâce à cette nouvelle vitesse nous descendions vers l’étage du commerce avec légèreté et sans même nous fatiguer. Le deuxième étage était grand, immense même. Il y grouillait nombre de gens, de toutes races, et toutes les couleurs. J’étais ébahit quand je vis les ateliers d’artisanat, c’était vaste et très bien équipé, on pouvait réaliser tout ce que l’on souhaitait ici. Après avoir évité deux ou trois personnes qui manquèrent de nous bousculer, nous parvînmes enfin au dernière étage.  Il était plongé dans une douce lueur bleu, des plantes luminescentes éclairaient d’une agréable lumière l’ensemble de l’étage. Des moas roses et des chiens sylvestres se promenaient le long de petits lacs. De grand nénuphars servaient de bancs aux aventuriers fatigués.

Après avoir marché quelques minutes de plus nous nous arrêtâmes devant une maison faites de végétaux avec une grande passerelle y permettant l’accès.
«Nous y voilà ! La maison de Niamh, m’annonça mon guide.
- C’est beau ! Toutes ces plantes et animaux en harmonie c’est splendide.
- Niamh et les autres natifs du Jour adorent passer du temps à cultiver et prendre soin de ce jardin, avec ça et leur entraînement ils passent des journées bien remplis. Mais ne restons pas là je voudrai que vous la rencontriez en personne.
- Je vous suis.»

Nous entrâmes dans la belle demeure de la Première-Née, elle semblait nous attendre comme si quelqu’un l’avait avertie de notre arrivée.
«Bonjour Vaillant et bonjour à vous jeune pousse.
- Bonjour Niamh, je vous présente Awmn c’est un nouveau-née du jour et j’ai senti quelque chose de très particulier chez lui. J’espérai que vous pourriez l’aider à interpréter son rêve.
- Il est rare que tu m’amènes de jeune pousse pour ce genre de raison, dis moi Awmn as-tu conscience de ce à quoi tu ressembles ?
- Je vous demande pardon Madame ?
- Ton apparence, est-ce que tu as vu ce à quoi tu ressemblais dans ton rêve ?
- Non pourquoi ?
- Alors regarde toi dans ce miroir.»
Elle tourna alors un grand miroir cerclé de fleurs roses et oranges. Je vis pour la première fois mon apparence. J’étais assez grand, en comparaison aux deux autres qui se tenaient près de moi, mon écorce était sombre, presque noir. Je portais une tenue faite de feuilles vertes, mauves et roses. Les traits de mon visage étaient fins, l’écorce était marquée par des traces semblables à des cicatrices. Des branches portant de petites feuilles d’un rose vif me servait de ce que les humains appellent des cheveux. Mais le plus étonnant c’était mes yeux, ou plutôt le fait qu’ils semblaient être absents. Mes yeux étaient comme les siens, vides, à un détail près. Alors que les siens étaient chaleureux et réconfortants, les miens semblaient figés et froids.
«Tu vois ? J’ai d’abord cru que tu étais un prisonnier ou un courtisant des cauchemars tant ton apparence semble… Sombre.
- Oui je vois, enfin je crois…
- Beaucoup risque de se méprendre sur ta personne à cause de cela, soit prudent.
- D’accord, j’y ferai attention.
- Bien, maintenant parle moi de ton rêve j’ai entendu dire qu’il était pour le moins particulier.»
Au fur et à mesure que je lui racontais ce que j’avais vu dans mon réveil je la voyais tantôt trembler, tantôt sourire de façon compatissante. Je n’arrivais pas à savoir ce qu’elle pensait cependant je ne ressentais ni agressivité ni rejet dans ses regards.

Puis ce sentiment de solitude m’envahit de nouveau quand j’eus fini mon récit. Les larmes roulaient sur mon visage, je ne pouvais pas contrôler les tremblements de mon corps tant j’étais triste et démuni face à ce sentiment intense de solitude.
Niamh me prit alors dans ces bras :
«Tout va bien, nous t’aiderons à trouver celui que tu as vu dans ton rêve, tu ne tomberas pas dans le cauchemars ne t’en fais pas.
- Merci…
- Il n’y a pas de quoi me remercier, ta vie ne fait que commencer.»

Chapitre II-/ Apprentissage:
Cela faisait maintenant un mois que je m’étais éveillé. Les protecteurs m’avaient accueillit dans leurs rangs et c’est à leurs côtés que j’appris les rudiments du combat. J’avais révélé des capacités d’envoûteur, tantôt visible, tantôt tapis dans l’ombre prêt à bondir. Je faisais beaucoup de progrès de jour en jour et je fus vite promu Vaillant. Malgré les premiers regards inquiets à mon sujet les autres recrues apprirent à me connaître et des liens d’amitié fleurissaient déjà entre nous. Je m’enthousiasmais toujours plus des nouvelles découvertes que nous faisions au fil des jours et j’adorais par dessus tout le sourire des gens que nous aidions. Ce sourire chaleureux et empli de gratitude. Toutes les joies de la vie quotidienne m’évitait de trop penser à lui.

Et pourtant, je mettais rendu presque tout les jours là où la plupart des sylvaris s’éveillent afin de voir si il n’était pas aux alentours. Je ne savais rien de lui, qui il était, et je n’étais même pas complètement sûr de son apparence. Pourtant je savais qu’il aurait un immense impact dans ma vie, je le sentais au fond de moi.

Un soir alors que j’étais perdu dans mes pensées, assis sur une racine du Bosquet une voix familière m'interpella :
«Awmn ? Qu’est-ce que tu fais là ?
- Niamh, quelle surprise ! Rien je réfléchissais c’est tout…
- C’est encore lui pas vrai ? Elle s’assit à côté de moi.
- Oui, je ne l’ai toujours pas trouvé et je ne sais même pas où chercher.
- Ne t’en fait pas certains mettent tout une vie à accomplir leurs Grand-Chasse, certains meurent avant même d’y arriver, me dit-elle en riant.
- Et c’est censé me rassurer je suppose ?...
- Désolé j’essayais juste de faire un peu d’humour ! Ne te décourage pas, toute vie à un but ne l’oublie jamais. Ne soit pas pressé d’accomplir ton but, profite de la vie !
- Oui si vous le dites, lâchais-je dans un soupir.
- Oh et arrête de me vouvoyer, nous sommes tout les deux des Protecteurs, c’est comme si nous appartenions à la même famille. Allez va te reposer, j’ai prévu un entraînement ardu demain !
- D’accord Mad… Niamh !»
Je me dirigeais vers l’abri qui me servait de maison. Serein, pour la première fois depuis mon rêve.

Le lendemain je me leva aux aurores. Le ciel était encore rose et le soleil bas dans le ciel. Je revêtit mon armure légère, plein d’énergie et d’entrain, me munit de mon espadon, mon épée et mon pistolet et parti d’un pas léger vers le camps d’entraînement. Niamh discutait avec notre entraîneur et les quelques recrues déjà levées.  Je la saluais d’un grand geste de la main auquel elle répondit par un sourire aussi réconfortant que le soleil. Mes amis arrivaient un à un et nous discutions de ce qui nous attendait.

Niamh interrompit toutes les discussions d’un sifflement. Nous nous tournâmes tous instantanément dans sa direction, au garde-à-vous.
«Repos soladts ! Bien, l’entraînement d’aujourd’hui n’en est pas vraiment un.
- Qu’est ce que c’est alors ? Demandais-je le sourire aux lèvres.
- Une mission que nous a donné notre Mère. C’est une affaire importante et son succès est impératif. Malheureusement je ne pourrai vous suivre sur le terrain pour m’assurer de sa réussite. C’est pourquoi aujourd’hui j’ai demandé à un second officier de vous accompagné ! De nombreux chuchotements démarrèrent alors. Toutefois, reprit-elle, cela reste une opération dangereuse. Il est impératif que vous compreniez tous bien de quoi il s’agit.
- Qu’est-ce donc ? On a pas toute la journée si j’ai bien compris, demanda une jeune guerrière impatiente.
- Du calme jeune pousse, j’y venais. Votre mission sera d’éliminer un bastion de la cour des Cauchemars qui c’est installé près du Bosquet, beaucoup trop près si vous voulez mon avis. Les tactiques vous seront délivrées sur place. Nous devons agir ce soir, avant le nuit, lorsque l’ennemi s’y attend le moins et est le plus faible. Est-ce que c’est bien clair ?
- Oui chef ! Répondirent tout les soldats en coeur.»

Sur le chemin pour aller au camp de base les discussions allaient bon train malgré la tension palpable dans l'air. Tout le monde était sur ses gardes, les sourires n'étaient que des masques qui cachaient la peur. Je marchais silencieusement à l'arrière du cortège, seul, en guettant le moindre buisson et en écoutant le moindre son. Étrangement tout était calme, beaucoup trop calme. À peine arrivé que la table et les tentes avaient déjà été installés, nous étions tous réunis en cercle autour de nos deux officiers à attendre les consignes.

La cour des Cauchemars avait pris possession d’une ancienne base des Protecteurs, les pauvres avaient été pris par surprise durant leur sommeil. Ça avait été un horrible massacre, les habitants aux alentours avaient pour la plupart tout vu et tout entendu mais le temps que des renforts arrivent il était déjà trop tard, tous avaient été massacrés. Niamh ne s’était jamais vraiment pardonné cela je crois. A l’époque elle dirigeait la troupe censé secourir les survivants, il n’y en avait eu aucun. Les quelques prisonniers fait par les courtisans étaient morts, torturés par leurs geôliers qui tentaient de les faire sombrer dans le Cauchemars. D’horrible rumeurs couraient sur les méthodes atroces qu’utilisaient ces sombres sylvaris pour détourner leurs victimes du Rêve et de l’Arbre Clair.

Le plan était simple, du moins les explications nous le faisaient apparaître ainsi. Je formais la première escouade celle qui devait tuer les gardes de la porte puis s'infiltrer furtivement dans le camp et semer la panique le temps que la deuxième escouade ai percé un trou dans les murs de ronces et ainsi l'ennemi serait encerclé, pris au piège dans ses propres défenses. Au fur et à mesure que l'heure de l'attaque approchait le stress montait, mon ventre était noué, l'échec n'était pas permis et Niamh comptait sur nous.

Le soleil était à présent haut dans le ciel, c'était l'heure. Toute l'attaque dépendait de la réussite de notre escouade. Nous traversions la forêt rapidement, silencieusement, pas un mot n'était échangé, chacun savait ce qu'il devait faire et quand il devait le faire. La traversée me parut interminable tant le stress montait un peu plus à chacun de mes pas. Enfin nous arrivâmes devant l'entrée du repaire de la Cour des Cauchemars. Il n'y avait plus d'échappatoire, plus de retour arrière possible. L'action allait débuter maintenant.

Chapitre III-/ Assaut:
Deux gardes étaient postés devant la porte que nous devions enfoncer, exactement comme nous l’avait dit les deux éclaireurs. Ils portaient un bouclier ranger dans leurs dos et une épée à la ceinture. Ils paraissaient détendu, du moins autant que pouvaient l’être des courtisans cauchemardesques.  Ils ne se doutaient de rien et discutaient entre eux des derniers prisonniers qu’ils avaient capturés. Leur discussion était atroce, comment pouvait-on se demander quelle était méthode la plus douloureuse de torture afin de l’appliquer ? Je serais mon poing autour de la garde de mon espadon puis je fermais les yeux, respirant calmement. Je ne devais pas perdre mon sang-froid. Il n’y avait aucune lueur dans leurs yeux, ils étaient vides, cruels avec un quelque chose de triste. La plupart des membres de la Cour ont été torturé avant de sombrer dans le Cauchemars, il n’y avait rien d’étonnant à cela.

Enfin notre meneur donna le signal, c’était enfin le moment d’entrer en action. Je créa une projection mentale de moi-même qui simulait une blessure. L’illusion était parfaite, elle avançait lentement en se tenant les côtes et boitait légèrement. Les deux voleurs de la division s’approchèrent furtivement des deux gardes. Ces-derniers regardèrent enfin vers mon clone :
«Et bien qu’avons-nous là, demanda le premier garde.
- On dira bien un pauvre rêveur perdu.
- Ne t’en fait pas jeune pousse nous allons bien nous occuper de toi.
- Ah on dirait qu’il n’est pas très bavard ! s’écria le second.»
Il s’effondra ensuite par terre, la gorge tranchée, son sang se répandait au sol, un gargouillis s’échappait de sa gorge ouverte. L’autre garde ouvrit de grands yeux ébahit, il n’eut pas le temps de comprendre ce qu’il se passait avant de subir le même sort que son compagnon.

Notre petite équipe d’ingénieur posa un dispositif explosif de petite taille et installa les charges de part et d’autre de la porte, relia les derniers fils au déclencheur et attendit le signal. Étant le seul envoûteur du groupe capable de lancer un sort de furtivité de zone je devais me concentrer pour l’utiliser à l’instant où l’explosion retentirait, chaque secondes comptaient à présent. L’instructeur abaissa son bras, la porte vola en morceaux qui blessèrent les soldats postés de l’autre côté. Toutes les personnes présentent se retournèrent vers nous mais ne nous virent pas, j’avais réussi le sortilège d’invisibilité. Nous nous précipitâmes dans la base ennemi comme un ouragan, ouvrant chaque portes que nous pouvions, puis lorsque le sort tomba le sergent tira une fusée  éclairante rouge pour donner l’ordre à la deuxième division de forcer les remparts. Une seconde explosion retentit et les soldats s'engouffrèrent dans la brèche comme un fléau, la bataille avait commencé.

Nous nous protégions les uns les autres, tranchions les ennemis qui étaient à notre portée et défendions les soldats blessés. Notre stratégie était parfaite, nous progressions dans le camp rapidement, seuls quelques soldats avaient été blessés mais ce n’était que très légèrement. Tout semblait aller pour le mieux, mes fantasmes illusoires étaient d’une efficacité que je n’aurai jamais soupçonnée, chacun avait un style de combat qui lui était propre et pourtant chaque division ne semblait être qu’une seule et même entité. Bientôt nous aurions repris le camp des Protecteurs et aurions vengé leur mort. Niamh auraient été fière de nous. Si seulement tout avait continué à se passer comme prévu.

Seulement il y avait un élément que personne n’aurait pu prévoir. Une explosion de flamme d’une grande ardeur balaya une partie de nos troupes. Les cris des brûlés à l’agonie étaient plus déchirant que les lames de nos ennemis. «C’est le Chevalier de Braises !» s’écria l’un des courtisans. Tous poussèrent des cris de batailles féroces et retournèrent dans la bataille avec une fougue extraordinaire. J’eus à peine le temps de la voir. Elle était grande et vêtue d’une armure de feuilles semblables à des flammes. Elle se battait avec une facilité déconcertante et tranchait mes amis sans aucun problème, c’était un véritable massacre. Deux mages de feux l’accompagnaient. On aurait dit des jumelles, leur synchronisation était parfaite, les flammes pulvérisaient leurs opposants. Ces quelques minutes leur suffirent à réduire en cendre nos efforts.

Je voyais la mort approcher, au fur et à mesure que mes camarades tombaient je sentais mes forces vaciller. Je trébucha dans une racine me retrouvant à la merci de mon ennemi. Il fût percuté par une silhouette imposante qui hurla «Pas celui-ci, c’est l’élu, la Duchesse le veut». Je ne comprenais pas et perdis connaissance, sous le choc.

Lorsqu’enfin je me réveilla il faisait nuit, j’étais attaché dans une cellule individuelle d’où j’avais vu sur le champs de bataille. Il n’en restait pas grand chose si ce n’est des cendres fumantes et des cadavres. Un rapide coup d’oeil me permis d’identifier les cadavres. C’était mes amis, mes camarades mort au combat. Je les connaissais tous, pendant un moi nous avions passé des moments forts et j’avais noué des liens avec chacun d’eux. Je reconnaissais ça et là les visages de mes plus proches amis, ceux avec qui j’avais vécu des expériences inoubliables. Ils étaient tous là, sans vie, la lueur de leurs yeux c’était éteinte, les mouvements de leurs respirations avaient cessé, ils n’étaient plus que des corps inanimés et j’étais seul. Encore une fois.

Les entraves qui me retenaient n’avaient rien des lianes que nous utilisions pour capturer nos prisonniers. Celle-ci étaient faites de ronces qui s’enfonçaient dans l’écorce de mes poignets et de mes chevilles. J’étais totalement immobilisé, épuisé, brisé. Une heure après mon réveil une sylvaris vînt enfin me voir et prévînt les autres gardes que j'étais enfin réveillé. Sa voix aiguë était insupportable, heureusement pour moi elle partie l'instant d'après. Quelques minutes plus tard c'est le Chevalier de Braises en personne que je vis arriver. Elle pénétra d'un pas vif dans ma cellule et me regarda longuement avant de dire
«Aucun doute possible, tu es bien l'Élu que recherche Faolain.
- Qu'est-ce que c'est que cette histoire d'élu ?
- Je ne t'ai pas autorisé à parler, cracha-t-elle en me giflant. L'Élu est un sylvaris qui serait née dans le Cauchemar selon la grande Duchesse. Il porterait également un grand pouvoir et serait le présage d'un grand changement pour notre race.
- C'est n'importe quoi ! Je ne sombrerai jamais dans l'idiotie qu'est le Cauchemar maintenant libérez moi !
- Oh mais ce n'est pas comme si tu avais le choix mon grand. Emmenez le à la chambre de torture, j'ai besoin de me détendre après ce petit combat.»

Les soldats me détachèrent mais j'étais trop faible pour me défendre, je peinais à rester sur mes deux jambes et plusieurs fois je trébucha sur des racines. De nombreux molosses rôdaient autour du camp, les patrouilles avaient été renforcées et tous étaient sur leurs gardes. Le chemin qui menait à la salle de torture traversait tout le camp et me permis d'observer la disposition de celui-ci. Enfin nous arrivâmes, La chambre de torture était une petite salle coincé dans une grotte sombre à peine éclairée par quelques plantes luminescentes. Une fois mes yeux habitués à la pénombre je pu distinguer des ronces qui pendaient du plafond et rampaient au sol, les mêmes qui me retenaient dans ma cellule. Une table maculée de sang présentait divers instruments aux formes diverses, leur seul point commun était l'aspect sanglant et douloureux qu'ils avaient. La pièce sentait la peur, la mort et le sang comme si les anciennes personnes torturées ici n'avaient pu trouver le repos. Enfin on m'attacha aux ronces qui rentrèrent encore dans mes poignets. La séance commença, la douleur était telle que je m'évanouie.

Chapitre IV-/ Captif:
Les premiers rayons du soleil effleurèrent ma peau comme une douce caresse. J'ouvrais les yeux avec difficultés, encore sonné par le traitement qui m'avait été infligé. Un flash me revînt, je me revis attaché à ces ronces, mon impuissance, le sang et la souffrance... Ma tête se remit à tourner, ma vision devînt flou quand la gardienne qui surveillait ma cellule s'aperçut que j'étais éveillé. Elle pénétra dans la cellule et détacha mes liens, elle me retînt pour que je ne tombe pas lourdement au sol. Elle m'apporta une gourde et une assiette remplie de viandes. Je bus avidement la gourde et pris une bouchée de viande. Je la  recrachais immédiatement tant le goût était infecte. Elle me regarda avec un regard compatissant et me laissa ainsi. Je ne savais pas quoi faire, je ne pouvais pas fuir. J'entrepris alors un rapide constat de mon état physique. J'étais bien amoché, des coupures plus ou moins profondes parcouraient tout mon corps, il fallait que je les soigne avant qu'elles ne s'infectent mais comment... J'eus alors l'idée de méditer. J'avais appris cette technique lors d'un entraînement avec les Protecteurs. Je m'assis donc sur le sol de ma cellule et me concentra. Cela prît plus de temps que je ne l'aurais pensé mais finalement je sentis mes plaies se refermer lentement. La sensation était quelque peu dérangeante au début mais elle m'apportait un véritable réconfort après ce que j'avais traversé.

Toutefois il restait encore un problème à résoudre, comment communiquer avec le Bosquet ? Je possédais bien quelques dons de télépathie et de contrôle mental mais rien de suffisamment puissant pour couvrir la distance qui me séparait de mon chez-moi. Peut-être qu'en entrant directement dans le Rêve je pourrai prévenir quelqu'un ? Peu probable, il fallait une grande force spirituelle pour le faire et seuls les Premiers-nés en étaient capables. Je soupirais et m'allongea, désespéré. Rapidement je m'endormis, ce fût un garde qui me réveilla et me jeta littéralement hors de ma cellule. Puis on me conduit une fois plus à la salle de torture, cette fois des larmes coulaient sur mes joues. Le garde rit et m'attacha. Cela dura une semaine sans qu'il n'y est aucun changement dans mes habitudes. Je commençais à m'habituer à la douleur et la peine.

C'est au bout d'une semaine que ma geôlière m'adressa pour la première fois la parole :
«Je suis allé te chercher des fruits comestibles dans la jungle, la nourriture ici n'est pas extraordinaire ici, dit-elle en rigolant.
- Pourquoi fais-tu ça pour moi ?
- Je t’ai vu plusieurs fois en songes, tu ne mérites pas tout ça, tu es bien trop beau.
- Merci en tout cas.
- Dès que tu auras sombré dans le Cauchemar toi et moi pourrons enfin être réunis, pour toujours. Oh et tiens, c'est un chiot sylvestre, il se faisait battre par les autres alors j'ai convaincue le Chevalier de Braise de te le donner, pour que tu t'en occupes.
- M-Merci...
- Je te laisse beaucoup de travail m'attends.»
Il semblait que la gardienne de cellule soit sous mon charme, c'était donc la raison pour laquelle elle était si gentille. Je pourrai peut-être en tirer partie pour avoir plus de liberté ? Le chiot gémit, me tirant de mes réflexions. Il me regardait avec de grands yeux apeurés, je le pris dans mes bras et le regarda droit dans les yeux. Soudain j'eus un flash, je voyais ce qu'il avait vécu, j'étais rentré involontairement dans son esprit. J'allais peut-être pouvoir m'entraîner à utiliser mes pouvoirs finalement. Je voulais m'évader et ce à n'importe quel prix.

Une autre semaine passa, elle semblait interminable, les jours duraient une éternité et les séances de tortures quotidiennes n’amélioraient pas mon état. Cependant je tentais de survivre et de m’entraîner. J’arrivais maintenant à parfaitement contrôler le jeune chiot que l’on m’avait confié, même si j’évitais d’abuser de mon pouvoir, son esprit était sensible. Il m’était toujours impossible de contrôler un garde, je devais persévérer. Mes tentatives de connexion avec le Rêve étaient aussi soldées par des échecs. Je pensais à Niamh qui devait être ravagée par la tristesse, elle ne savait peut-être même pas que j’avais survécu. Et il y avait lui aussi, comment faire pour savoir s’il n’était pas déjà éveillé ? Comment rentrer en contact sans même être conscient de son état ? J’étais épuisé et décidais donc de remettre ces questions à demain, après tout j’avais du temps à tuer dans cette maudite cellule.

J’eus une vision dans la nuit. Je le voyais dans un cocon, les yeux clos, son visage était paisible, beau… Je me réveilla en sursaut, j’avais chaud, très chaud et je me sentais mal. Je pris une gorgée de l’eau qu’il me restait. Je soufflais, tentant de me calmer comme je le pouvais. Je l’avais vu, il allait s’éveiller bientôt et j’étais parvenu jusqu’à son Rêve. Je devais à tout pris l’avertir de mon état de captivité afin qu’il puisse prévenir tout le monde dans le Bosquet. Je me rendormis rapidement en pensant à lui, espérant pouvoir rentrer en contact. Quand je me réveilla le lendemain matin il était presque midi, j’étais fatigué et je n’avais pas réussi. Je m’assis dans ma cellule, joua avec le chiot qui grandissait jour après jour et médita quelques heures avant que l’on ne vienne me chercher. Je fus conduit une fois de plus dans la salle de torture, mais je ne criai plus, mon sang se contentait de couler sans bruit. Les larmes ne coulaient plus non plus, j’avais trop pleuré pour pouvoir encore le faire. Il ne me restait plus que la peur et la douleur pour me sentir encore vivant.

Une semaine supplémentaire passa, mes forces m’abandonnaient petit à petit, la fin approchait. Je peinais à me soigner moi-même, je dormais de plus en plus longtemps et mangeais moins. Mon état inquiétait la jeune sylvaris en charge de me surveiller mais elle était aussi impuissante que moi quant à mon état. Je ne parvenais plus à contrôler quoique ce soit, je n’avais plus assez de magie. Ce soir là je m’endormis encore comme une souche. Mais il y eut quelque chose de différent. Je vis quelque chose, ou plutôt quelqu’un. Il me regardait aussi, c’était lui, il fallait que je lui parle.

Chapitre V-/ La rencontre:
Les formes étaient d'abord floues, je ne distinguai qu'une silhouette d'assez grande taille, puis les contours s'affinèrent doucement, il se découpait des grands arbres auxquels il tournait le dos. Il portait une belle armure de feuilles aux teintes claires, vertes et oranges. Son plastron moulait son torse large et musclé, de longues feuilles descendaient le long de ces cuisses. Il avait également des bottes montantes avec de petits piquants luminescents, les mêmes que sur ces gants. Son visage avait des traits fins et ronds. Il n'avait pas de nez et ces lèvres étaient très fines. Ces yeux ressemblaient à deux grandes orbes d'onyx pur, ils étaient d'un noir intense et profond avec cet éclat chaleureux qui les rendaient si vivants. Les feuilles de sa tête partaient de l'arrière du crâne et tombaient sur le haut de son front, le vert vif rappelait celui des arbres derrière lui. Il me regardait droit dans les yeux, un sourire amical sur les lèvres.
Il ouvrit la bouche mais aucun son ne sortit. Il articulait des mots, un léger murmure emplissait l’air, comme un bruissement de feuille au vent. Cependant rien n’était audible, seul ce son léger et délicat sortait de sa bouche. Décidé à lui parler je me rapprochais pour entendre ce qu’il disait, mais j’étais trop faible, je tombai dans l’herbe qui amorti ma chute. Lorsque je relevai la tête il me regardait et je me perdis dans ses yeux. Il me tendit la main et m’aida à me relever :
«Bonjour, je m'appelle Tanhaö, je t’ai vu dans mon rêve avant mon éveil, qui es-tu ? demanda-t-il.
- On m’appelle Awmn, je suis retenu captif par la Cour des Cauchemars depuis plusieurs mois maintenant. J’appartiens au cycle du jour, Niamh m’avait formé au combat.
- C’est donc de toi qu’elle parle si souvent ? Tu n’as pas l’air d’être en forme, comment ce fait-ce que nous poussions parler ?
- Je n’en ai plus pour très longtemps, les semaines passent et mon état se dégrade, je ne sais pas combien de temps je vais encore pouvoir tenir. Si tu peux contacter le Bosquet dis-leur que je suis toujours en vie, je suis retenu à la Pointe de Joy par la Chevalier de Braises.
- Très bien je transmettrai ce message à Niamh, je suis sûr qu’elle fera quelque chose.
- Merci...» Ma vision devint flou, il y eut un voile noir  puis je me réveillai sur le sol de ma cellule, l’aube pointait déjà. Je ne m’étais jamais senti aussi faible et fatigué, ce message était mon dernier espoir.



PDV Tanhaö

Lorsque je me réveillai il faisait jour et le soleil entrait dans ma chambre au travers des rideaux de feuilles tropicales. J’avais fait un rêve étrange cette nuit. J’avais vu ce sylvaris sombre et blessé, quel était son nom déjà ? Awmn, enfin je n’en étais plus très sûr. Il m’avait dit de prévenir Niamh qu’il était toujours en vie, il fallait que je le fasse, et vite, il semblait si mal en point. J’enfilai rapidement mon armure, pris mes armes et partis en direction du camp d’entraînement où devait être la première-née du Jour. A peine l’avais-je aperçu que je l’appelai :
«Niamh ! Niamh !
- Et Bien Tanhaö qu’est ce qu’il t’arrive tu as l’air bien empressé ?
- J’ai un message urgent pour toi.
- Un message ? De qui? questionna-t-elle.
- L’un de tes anciens apprentis apparemment, Awmn.
- Awmn ?! ces yeux affichaient une surprise presque palpable. Il est toujours en vie ? Comment le sais-tu ? Pourquoi t’a-t-il contacté toi ?
- Oui, du moins pour l’instant, mais il avait l’air dans un piteux état. Je l’ai vu en rêve la nuit dernière, je ne sais ni pourquoi, ni comment, mais c’est arrivé. On doit l’aider, il m’a dit qu’il était à la Pointe de Joy retenu par le Chevalier de Braises. Il avait de nombreuses blessures il n’en a peut-être plus pour très longtemps…
- Le Chevalier de Braises hein ?.. Cette garce ne cessera donc jamais de nous créer des problèmes ?
- Ça serait l’occasion d’en finir une bonne fois pour toute non ?
- Tu as raison, rassemble les hommes nous attaquerons demain matin, à l’aube.
- Bien chef, tout de suite chef ! »

Je parti sur le champ réunir toutes les troupes du camp. Je réveillai les retardataires, vérifiai les provisions et nous partîmes peu après midi. Nous n’étions pas loin de la Pointe de Joy et il ne nous fallu que quelques heures pour arriver non loin de la zone. Nous nous installâmes dans l’un des campement de base des protecteurs, à l’abri des regards. Je retrouvai Niamh dans la tente de commandement avec les autres officiers de l’escouade. Le plan d’attaque était déjà en partie prêt. Il ne manquait que quelques détails mais nous n’avions pas les informations nécessaires pour les régler. C’était simple, nous serions séparés en trois escouades. La première ferait diversion en passant par l’arrière du camp puis les deux autres enfonceraient les portes principales, l’une des deux irait secourir le prisonnier puis on sortirait en faisant le ménage dans le camp. Simple, efficace et inattendu, pour nos ennemis.

Le reste de la nuit fut agité. Je n’arrivais pas à trouver le sommeil, je ne pouvais pas m’empêcher de penser à Awmn. Je l’avais déjà vu avant mon éveil, il m’inspirait alors de la crainte et une étrange attirance. Je ne savais pas encore pourquoi mais nos destins semblaient liés. Avait-il aussi rêvé de moi ? Je me sortis rapidement cette question de la tête, ce n’était pas le moment de perturbé mon esprit, l’opération commençait demain je me devais d’être prêt.

Chapitre VI-/ Délivrance:

Les premières lueurs de l’aube pointaient à peine que tout le campement était déjà prêt pour l’assaut. Les plastrons avaient été solidement attachés, les armes avaient toutes été révisées et étaient prêtes pour la bataille. Bien que tous semblaient confiants, on pouvait ressentir une certaine tension, ce signe si typique de la guerre. L’air était électrique, personne ne parlait vraiment, tout le monde se concentrait. Niamh sortit enfin de la tente de commandement. Son armure de feuilles et d’écorces brunes luisait par endroit d’une lueur pâle. Elle ne fit qu’un geste de la main et tout le monde se mit en mouvement. Je le rejoins alors en trottinant. Son regard était froid, déterminé. Je la saluai brièvement, elle me répondit d’un hochement de tête. Elle tenait son marteau dans sa main droite, elle resserra encore sa poigne autour du manche et murmura «Tiens bon Awmn, nous voilà.»

Lorsque nous arrivâmes sur place un mur de ronce épais était dressé et encerclait tout le camps de la Cour. Il allait falloir le faire exploser. La division comptait heureusement deux ingénieurs, en plus des élémentalistes pyromanes présents dans chacune des divisions. Il ne leur fallu pas longtemps pour élaguer le mur végétal avec fracas marquant ainsi une entrée tonitruante en territoire ennemi. Comme nous l’avions espéré le visage déconfit de nos ennemis nous indiqua que notre effet de surprise était  plus que réussi. Il n’y eut pas une seconde d’hésitation dans nos rang et ce fut une véritable déferlante qui s’abattit alors sur la Cour des Cauchemars, désemparée.

PDV Awmn

J'avais entendu une explosion et voyais une fumée noire s'échapper, tout les soldats s'affolaient et couraient dans tout les sens. La geôlière en charge de ma prison arriva vers ma cellule, pris la clef végétale et ouvrit discrètement la porte de la prison. Elle me regarda avec un sourire nostalgique puis me dit "Ils sont là pour toi, tu peux t'en aller." Je la regardais, surpris, puis elle se rapprocha de moi et posa ses lèvres sur les miennes. Elle partit sur ces mots : "Ne meurs pas...", j'étais toujours bouche-bée, ne sachant pas quoi répondre. Je finis par prendre mon chiot dans mes bras et couru le plus rapidement possible vers l'origine de l'explosion, attrapant une épée au passage.

J'évitais au maximum les combats, ne donnant des coups que pour me frayer un chemin vers la sortie. Soudain un courtisan me plaqua au sol et plaça son épée sous ma gorge. J'étais bloqué, je ne pouvais pas bouger sous peine de me faire trancher le cou. Alors que je fermais les yeux en espérant du secours je senti le poids qui me bloquait s'envoler. C'était Niamh qui avait balayé d'un coup mon opposant. Je me relevai avec difficulté et la regardai, elle pleurait, mais ce n'était pas des larmes de tristesse. C'étaient des larmes de bonheur, le bonheur des retrouvailles. Alors que dans un moment de faiblesse je manquai de m'effondrer des bras puissants me rattrapèrent, c'était Tanhaö, il se pencha prêt de mon visage et me sourit. Je lui rendis son sourire, apaisé.

Quand Niamh sonna la retraite le camps des courtisans était ravagé, les prisonniers avaient été libérés et il ne restait presque plus de soldat sur le champs de bataille. Alors que Tanhaö m'aidait à sortir du camps un archer embusqué tira une dernière flèche, je n'eus qu'à peine le temps de voir le projectile qu'une silhouette lui fit obstacle. C'était elle, elle m'avait sauvé une fois de plus. Je me précipitait à ses côtés, elle souriait, caressa mon visage et m'adressa ses dernières paroles «Vis... Dans le Rêve...», ses yeux se fermèrent, son cœur cessa de battre et son bras retomba lentement au sol. Je ne pu retenir mes larmes et puisa dans mes dernières forces anéantir celui qui avait fait ça. Ma fureur matérialisa un espadon fantasmagorique qui trancha violemment la tête de l'ennemie. Tanhaö posa sa main sur mon épaule, me reprit dans ses bras et ordonna d'envoyer une civière pour récupérer le corps, je l'en remerciai sincèrement et il me guida hors du camp, loin des combats.

###

J'étais heureux d'arriver enfin dans la tente de soin, la guérisseuse avait soigné les principales blessures que j'avais subi et m'avait donné un remontant. Si j'allais mieux physiquement je n'avais de cesse de penser à cette jeûne sylvaris, je ne connaissais même pas son nom et elle était morte pour moi... Plusieurs autres soldats étaient morts pour venir me secourir, était-ce juste ? Une vie peut-elle avoir plus de valeur qu'une autre ? J'étais perdu, heureusement Niamh me sortit de mes réflexions lors de son arrivée dans la tente. Elle me souriait  amicalement :
«Je suis heureuse que tu sois sain et sauf Awmn, j'ai cru que je ne te reverrai plus jamais... Lorsque j'ai appris l'échec de l'opération et le peu de survivants restant j'ai cru ne jamais te revoir... Dit-elle au bord des larmes.
- Mais maintenant je suis hors de danger, grâce à toi. Merci, je n'aurai pas pu tenir plus longtemps. La sylvaris qui m'a sauvé où est son corps ? C'est grâce à elle que je suis toujours en vie je me dois de l'honorer dans la mort.
- Ne t'en fais pas, Tanhaö m'a dit ce qu'elle avait fait, elle sera décorée et enterrée avec les trois autres soldats que nous avons perdu. Quoiqu'il en soit il faut que tu te reposes, je reviendrai te voir demain matin à ton réveil pour te demander plus de détails, mais pour l'instant il faut que tu guérisses !»

PDV Tanhaö

Après avoir rédigé un rapport sur l’assaut qui avait été mené, je décidai d’aller voir Awmn qui devait être en train de se reposer à l’infirmerie. J’étais anxieux, je ne savais pas quoi lui dire, je ne le connaissais pas et pourtant je n’avais pas hésité une seule seconde pour aller le sauver. Comment avait-on pu communiquer ? Il me fallait des explications, mais je doutais qu’il puisse me les apporter. Nous irions voir l’Arbre Clair une fois qu’il sera rétablit. Je devais me changer les idées, et lui parler me semblait être une bonne option.
«Comment vont tes blessures ? Demandai-je.
- Mieux, grâce à toi, à vous tous... Merci d'être venu, je ne sais pas combien de temps encore j'aurai pu tenir.
- Il n'y a pas de quoi me remercier, je ne fais que mon devoir de soldat après tout. Quand tu te sentiras mieux, je me demandais si tu ne voudrais venir avec moi voir l'Arbre Clair pour qu'elle puisse nous apporter des réponses sur la façon dont nous avons communiqué.
- Bien sûr avec plaisir, mais il faut que je vois le jeune chien qui était avec moi avant, où est-il ? Dit-il en se levant
- Eh bien à ce propos, il... Il a été gravement blessé lors de l'assaut, un molosse plus gros l'a attaqué, il n'a pas... Survécu à ses blessures... Je suis désolé...
- Oh... Je vois... Je vais... Je veux voir son corps et... Lui offrir une sépulture digne de lui...»
Ses yeux brillaient, quelques larmes coulaient sur ses joues et il sortit de l'infirmerie d'un pas pressé et tendu, je préférais ne pas le suivre, il avait sûrement besoin d'être seul avec lui-même.

Chapitre VII-/ Liberté:
La Lune était haute dans le ciel, projetant sa lueur pâle sur le Bosquet. Les étoiles scintillaient de milles feux par cette douce nuit sans nuage. L'air était frais, il faisait bon et le temps était agréable. Pourtant je ne pouvais être pleinement satisfait, il avait l'air si abattu lorsqu'il avait quitté l'infirmerie... Où était-il ? Que faisait-il ? J'étais inquiet alors j'avais décidé de faire une patrouille dans le Bosquet pour voir si je pouvais retrouver sa trace.

Après une trentaine de minutes de marche je le trouvai finalement en haut d'une petite butte de terre, devant deux pierres tombales. Ses épaules étaient basse, sa nuque pliée en deux, il regardait au loin dans la nuit, éclairé par la seule lumière de la Lune. Il était beau comme ça, pas d'une beauté chatoyante comme l'était certains natifs du jour, mais d'une beauté calme, sombre et triste comme celle d'un être blessé par la perte.

Je m'approchai doucement de lui, en prenant soin de faire craqué quelques branches pour signaler ma présence, il ne se retourna pas, ne bougea pas. Alors je m'assis prêt de lui pour pouvoir distinguer chaque trait de son visage, de l'écorce de son front à son menton je voulais tout voir, tout retenir de sa beauté. Je fit alors un geste qui m'étonna moi même et le pris dans mes bras, en le serrant doucement pour le réconforter, lui chuchotant quelques mots de réconfort. Il ferma les yeux et éclata en sanglots, se maudissant, comme quoi tout serai de sa faute, c'était faux, ce n'était pas la sienne mais celle de la Cour et ils l'avaient payé au prix fort. Nous restâmes ainsi pendant de longues minutes, peut-être même pendant une heure ou plus. Puis il se leva et me dit :
« Merci, il faut que j'aille dormir maintenant, demain sera une journée bien remplie alors je dois me reposer.
- Bien sûr je comprends, tu as un endroit où t'installer maintenant ?
- J-Je ne sais pas... Je ne crois pas, enfin peut-être…
- Tu ne veux pas venir chez moi ? Ma maison de fonction est bien trop grande pour une personne seule, et un peu de compagnie nous fera autant de bien à toi qu'à moi, dis-je en souriant.
- Oh c'est gentil ! Je suis désolé de te causer encore du soucis…
- Ce n'est pas grave ça me fait plaisir, tu pourras rester aussi longtemps que tu voudras, mais trêve de bavardages ma maison n'est pas à côté et on a tout les deux besoin de sommeil. Suis moi ! »

Nous n’échangeâmes aucun mot pendant le trajet nous séparant de ma maison. Nous marchâmes pendant une dizaine de minutes avant d’être enfin arrivés. La maison était grande, une porte haute faite de deux grandes feuilles donnait sur une première pièce très vaste. Je l’avait rempli de bibelots que j’avais récolté ça et là au fil de mes missions. Les meubles étaient simples, plusieurs canapés autour d’une table basse de vignes tressées. Tout à droite de la pièce il y avait un grand escalier en colimaçon qui montait vers les niveaux supérieurs de ma demeure, sur la gauche une pièce de taille moyenne, du moins comparé au salon, qui servait de cuisine. Je l’invitai alors à monter dans la chambre au deuxième étage. J’avais fait installé un plafond en verre pour observer les étoiles la nuit, la nuit était belle ce soir. Arrivé dans la chambre il regarda longuement le plafond, émerveillé, comme un nouvel éveillé, c’était amusant. Puis son regard se porta sur le lit double au centre de la pièce, sous la verrière.
«Je suis désolé je n'ai qu'un lite double pour nous deux, ça ne te dérange pas ?
- Non pas du tout, au contraire j'ai besoin de compagnie.»

Alors que nous nous installions dans le lit, chacun de son côté il se remit à regarder le ciel et me dit :
«Tu sais quand j'étais détenu, cette sylvaris qui m'a sauvé m'a offert ce chiot qui est mort pendant l'assaut et... Je regardais souvent les étoiles le soir avec lui, je le caressais en lui disant le nom des différentes constellations que l'on pouvait observer —sa voix se brisa et il éclata en sanglot— il était si gentil, si doux... Pourquoi lui aussi ?..
- Calme toi, ça va aller, je suis là maintenant et ton ami est sûrement dans une contrée agréable lui aussi, il veille sur toi désormais.»
Puis je passais ma main sur son visage, dans son cou, pour enfin la poser sur son torse couvert de cicatrices. Je pris sa tête avec mon autre main et la câla dans le creux de mon épaule, je sentais son souffle sur mon torse, sa main sur mon bras et ses doigts qui enlaçaient doucement les miens. Nous nous endormîmes ainsi dans les bras l'un de l'autre.

***

Un mois déjà était passé depuis qu'Awmn avait été libéré. Si les premières semaines avaient été difficiles moralement il se réhabituait facilement à la petite routine que nous avions adoptée. Nous nous baladions régulièrement dans la forêt de Caledon afin de nous entraîner et de lui faire récupérer sa force physique. Bien qu'il était toujours profondément marqué par les événements passés il lui arrivait de sourire parfois. Il faudrait encore du temps avant qu'il n'y pense plus en permanence et qu'il tourne la page. Malgré cela je trouvais toujours agréable de passer du temps ensemble, surtout la nuit quand nous nous retrouvions enfin seuls, dans les bras l'un de l'autre, je n'entendais que le doux son de nos respirations synchronisées et nous dormions ainsi tout les soirs. Je nous savais connecté l'un à l'autre depuis notre naissance, c'est le Rêve qui nous avait lié et c'est grâce à lui si nous en étions là.

Un soir, alors qu'il se recueillait sur la tombe de son chiot et de sa geôlière, des étoiles filantes tombèrent du ciel comme une pluie de lumière. C'était magnifique, d'une beauté à couper le souffle. C'est alors qu'il se tourna vers moi et me dit :
«Des étoiles filantes, ne faut-il pas faire un vœu ?
- Il paraît que c'est ce qu'il convient de faire, lui répondit-je avec un sourire.»
Il me prit alors par la main, m'aidait à me relever et s'approcha de moi. Il fixa son regard dans le mien, son visage était proche du mien, doucement ses lèvres se rapprochèrent des miennes et nous nous embrassâmes pour la première fois. Puis il continua :
«Dans ce cas je fais le vœu de ne jamais être séparé de toi, je t'aime Tanhaö.
- Je t'aime aussi Awmn, plus que tout au monde.»
Cette nuit là nous nous sommes aimé comme jamais, comme si le monde n'existait plus, comme si le soleil n'allait jamais se lever de nouveau. Ce fut une nuit magnifique, la plus belle de toutes.

Chapitre VIII-/ Révélations :
Chapitre VIII-/ Révélations

Le lendemain matin, alors que le soleil perçait timidement les rideaux de la chambre, des coups furent frappés à la porte puis la voix de Niamh cria «J'entre !». J'étais trop sonné par la nuit dernière pour réalisé ce qui allait se passer, elle passa la porte-rideau en feuille de la chambre et nous trouva là, Awmn et moi, dans le même lit, une fine couverture de plumes pour nous couvrir. Elle poussa un cri suraiguë :
«Moi aussi je suis ravi de te voir Niamh, dis-je.
- J-J-Je suis désolé je ne savais pas, enfin je veux dire je pensais que...
- Oui oui tu ne pensais pas nous trouver là dans le même lit j'ai vu, lui répondis-je avec un large sourire.
- Voilà... Enfin ce n'est pas si étonnant après tout... admit-elle en rougissant.
- Je suppose que tu n'es pas venu pour admirer nos corps sans armures.
- Non ! Bien sûr que non ! Elle se retourna aussitôt, rouge comme le feu. J'ai un message de l'Arbre Mère, elle veut vous voir au plus vite, c'est important.
- L'Arbre Mère nous convoque en personne ? Voilà qui est pour le moins inhabituel, dis-lui que nous arrivons de suite.»

Après avoir réveillé Awmn rapidement et nous être habillé nous nous dirigeâmes à grands pas vers l'ascenseur qui menait à l'étage le plus élevé du Bosquet, celui qui abritait l'Arbre-Mère, enfin plutôt son avatar. Elle donnait vie à tout les sylvaris dans le Rêve, c'est du moins ce que nous pensions. Nous montâmes dans l'ascenseur et il nous transporta rapidement à destination. Niamh et Mère était déjà là et discutaient, à notre arrivée elles cessèrent toutes discussions et nous regardèrent fixement.

PDV Awmn

Pour moi c'était la première fois que je voyais notre Mère, son avatar du moins. Elle était vêtue d'une longue et ample robe de pétales blancs et scintillait légèrement, sa simple présence était agréable et douce. De petits insectes luminescent venaient récolter un peu de pollen sur les fleurs de sa tenue et du jardin alentours. Puis elle s'adressa à nous :
«Tanhaö mon enfant, cela fait longtemps que je ne t'avais pas vu, je suis heureuse de voir que tu vas bien.
- Mère, c'est un plaisir de vous revoir également, dit-il en s'inclinant.
- Et tu dois être Awmn je présume ?
- Je... Oui, bonjour Mère, je m'inclinais à mon tour.
- Relevez vous mes enfants, relevez vous. Si je vous ai convoqué ici aujourd'hui c'est pour vous demander une faveur, cependant je pense que vous avez de nombreuses questions à me poser avant, alors j'y répondrai si vous acceptez la tâche que je vous confie.
- Nous l'aurions accepté de toute façon Mère, merci de cette faveur, répondit Tanhaö.
- Vous êtes de si vaillants soldats, le Bosquet tout entier peut être fier de vous ! Mais je vous en prie, faites moi part des doutes qui vous rongent.
- Comment se fait-il que lors de ma captivité j'ai vu Tanhaö avant son éveil alors qu'il était déjà éveillé depuis deux ans ?
- Ce que tu as vu Awmn n'étaient que des événements passés qui sont apparus parce que tu pensais à lui. Tu possèdes un pouvoir rare mon enfant, tu es un chronomancien, tu peux voir le passé et l'avenir, manipuler le temps et sa puissance dans une certaine mesure. C'est pourquoi ton rêve était rempli de flash d'événements qui ce sont produits ou qui allaient se produire. Tu voyais ce qui allait t'arriver.
- Et Tanhaö, pourquoi sommes-nous liés ?
- Je vais le laisser te raconter ce qu'il a vu avant de s'éveiller.
- Dans mon rêve j'ai vu la lune, elle était rose et brillante, puis elle a éclatée en fragments épars comme du verre, et soudain tout c'est figé, des vignes épineuses ce sont alors développées, j'ai couru, longtemps, puis je suis arrivé à un chemin, il semblait interminable, aussi agréable qu'effrayant, puis j'ai senti une présence apaisante à mes côtés, le temps que je me retourne j'étais réveillé dans la forêt de Caledon, au pied du Bosquet. J'ai été quelque peu désorienté par mon rêve, alors je me suis contenté d'avoir une vie de soldat, mais le jour où tu t'es éveillé j'ai refais ce rêve, sauf que la présence que j'avais senti était une personne, toi.
- C'est le rêve lui-même qui veut que vous soyez réunis car vous accomplirez de grandes choses ensemble, ajouta calmement l'Arbre Clair. Votre destin est unique, vous devez en avoir conscience.
- Si c'est le rêve qui nous lie tout les deux, pourquoi le Chevalier de Braises a-t-elle dit que j'étais né dans le Cauchemars, que j'étais l'élu ? Et qui est cette duchesse Faolain ?
- La Cour des Cauchemars n'est qu'un obscur regroupement de pauvres sylvaris s'étant égarés, Faolain la première. Elle est la première-née du cycle du crépuscule, quand elle était plus jeune elle et Caithe s'entendait à merveille et étaient très proche, malheureusement les agissements de Faolain l'ont faite sombrer dans le Cauchemars et sa recherche de réponses lui a fait commettre de nombreux crimes. Les premiers-nés sont des êtres spéciaux, ils ont la faculté de percevoir certaines choses et il est probable que Faolain ait senti ton arrivé et tes dons particuliers, c'est pour ça qu'elle a dû se mettre en tête que tu étais l'élu.
- Alors je n'ai rien d'un être cauchemardesque ?
- Non mon enfant, non, dit-elle en souriant, tu as de grandes choses à accomplir pour la Tyrie mais tu n'es pas l'élu d'une quelconque prophétie des cauchemars. Maintenant si vous n'avez plus de question je vais vous confiez votre mission, le temps presse.
- Bien sûr nous vous écoutons Mère, dit Tanhaö avec un sérieux militaire.
- Votre cible sera le Chevalier de Braises. La menace qu'elle représente pour le Bosquet est trop importante et les atrocités qu'elle a commis sont impardonnables. Ses agissements doivent cesser et il n'y qu'une seule solution à cela, la mort, ajoute-t-elle en réprimant un frisson. Niamh vous accompagnera et vous expliquera la stratégie en détail, je ne suis pas une grande tacticienne de combat.
- Nous accomplirons cette tâche en l'honneur du Bosquet, repondis-je en m'inclinant.»

Cette nuit là, la peur me tortura et m'empêcha de dormir correctement. Plusieurs fois je me réveillai en sueur, haletant après avoir revu la salle de torture et ses instruments horrifiant. À chaque fois Tanhaö se réveillait aussi, me souriait en me prenant dans ses bras, il me murmurait des mots de réconforts et mes larmes coulaient silencieusement sur mes joues puis dans le creux de son épaule. Il était pour moi un pilier dans cette nouvelle vie, une bouée de sauvetage, et sûrement la plus belle personne qu'il m'eût été donné de rencontrer. Et je l'aimais, profondément, plus que ma propre vie, plus que tout au monde, il était une réelle partie de moi sans laquelle je ne pourrai survivre.


Dernière édition par Patte de Cerf le Mar 18 Aoû - 23:54, édité 3 fois

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Re: Les contes de Pattou

Message par Patte de Cerf le Lun 20 Juil - 18:47

Suite du premier poste, le message étant trop long...

Chapitre IX -/ Derniers instants:
Le réveil fut quelque peu difficile, bien que le stress m'empêchait de m'endormir la nuit blanche que j'avais passé m'avait laissé fatigué. Tanhaö s'était endormis dans mes bras au début de la nuit et je suis resté assis contre lui toute la nuit à essayer vainement de mettre de l'ordre dans mes pensées afin de dormir également. Mais nous n'avions pas le luxe d'attendre une nuit supplémentaire et même si nous l'avions eu je doute que deux nuits blanches s'accordent avec une santé saine. Alors que nous nous préparions et vérifions une dernière fois nos équipement Niamh arriva, son marteau dans le dos et son armure de combat équipée. Elle en imposait énormément dans cette tenue, on y sentait toute sa puissance et j'en arrivais presque à plaindre les malheureux qui la croiseraient. Presque. Ainsi parés nous nous dirigeâmes vers le refuge du Chevalier de Braises. D'après ce que j'avais entendu elle habitait non loin de la Pointe de Joy avec deux fidèles suivantes, les attaquer n'allait pas être une partie de plaisir.

Nous arrivâmes près de l'objectif en début d'après-midi. Tout semblait calme à première vu, rien d'anormal à signaler, il ne nous restait plus qu'à trouver l'emplacement exact de notre cible. Soudain une explosion intense retentît, une violente de vague de chaleur nous frappa le visage et des volutes de fumé commencèrent à s'élever dans le ciel. Au moins nous n'avions plus à chercher. Alors rapidement nous nous dirigeâmes tout les trois vers l'origine de l'explosion. Une fois sur place ce que nous vîmes nous glaça le sang. Le Chevalier de Braises et ses deux mégères étaient bien là et elles venaient de faire exploser plusieurs skritts innocents qui avaient dû chiper quelques ki-brilles. Une odeur de poils brûlés vînt chatouiller nos narines en même temps que celle de la viande calcinée. Niamh serrait les poings, folle de rage, Tanhaö raffermît sa poigne sur son espadon et je fis de même. Rapidement je prononçais une incantation et une lueur violette nous enveloppa et nous fît disparaître. Alors invisible nous nous déplaçâmes jusqu'à nos ennemis. Nous n'étions plus qu'à cinq mètres d'eux quand le Chevalier de Braises envoya un grand jet de flammes dans notre direction, m'obligeant à rompre le sort :
« Qui va là, hurla-t-elle ?!
- Regardez Maîtresse, on dirait Niamh et le sylvaris que la Duchesse recherche, accompagnés d'un autre, dit la sylvaris au bâton.
- Mais tu as raison Soira, c'est notre chère amie Niamh ! Bon sang comme tu m'as manqué, te flanquer une racler à toi et tes petits soldats étaient pourtant si drôle et leurs cris d'agonie si délicats... Mais je suppose que tu n'es pas là pour parler de ça, continua-t-elle avec sa voix rêche.
- Chevalier de Braises prépare toi à ne plus jamais voir le soleil se lever. Je ne te pardonnerai jamais pour ce que tu as fais à mes troupes, ni ce que tu as fait à Awmn, aujourd'hui c'est l'heure de te rembourser cette dette, cria Niamh.
- C'est ce qu'on va voir, Soira, Lania, aux armes ! »

À peine avait-elle prononcé ces mots que je fis apparaître une dôme anti-projectiles autour de la mage et de l'archère, les empêchant de nous attaquer. Niamh et Tanhaö se jetèrent dans la bataille, mais le Chevalier de Braises n'était pas en difficulté, elle paraît ou esquivait les coups sans difficulté, créant des flammes lorsque les assauts étaient trop soutenus. Ses deux comparses s'étaient sorties du dôme de retour et projetaient également des projectiles enflammés. Soudain une énorme boule de feu traversa le champ de bataille vers Tanhaö, sans réfléchir un seul instant je me téléportais près de lui et nous couchais tout les deux afin d'éviter le danger. Niamh eût un rictus de frayeur puis se tourna vers la magicienne qui semblait déçu de son échec. Niamh se jeta sur elle avec son marteau la frappant d'abord dans les côtes avant de lui déboîter la mâchoire avec un violent coup de genou, elle allait donner le coup final quand un espadon ardent bloqua son marteau. Les coups pleuvaient de tout les côtés, Lania était toujours étalée au sol et Soira enchaînait des pluies de flèches ardentes que je paraît aisément, malgré cela le Chevalier de Braises ne faiblissait pas, rendant coups pour coups chaque attaque qu'elle subissait. Je devais tenter le tout pour le tout et utiliser ma magie la plus puissante. Je me concentra alors violemment et une lueur intense se mît à briller dans mes mains, des papillons dansèrent un instant devant l'archère avant qu'elle ne soit transformé en moa rose. J'avais réussi une transformation polymorphique ! Ni une ni deux je repris mon espadon me téléportais à ses côtés et lança une lame illusoire qui lui trancha la gorge, elle reprit alors sa forme d'origine, décapitée.

Il ne restait plus que le Chevalier de Braises, mais elle n'était pas encore amoché et semblait furieuse. Cependant nous étions trois et elle était seule, un avantage non négligeable qu'il fallait à tout prix utiliser. Nous nous regardâmes un instant puis nous jetâmes dans le dernier assaut. J'invoquai deux fantasmes, l'un était armé d'un espadon et dansait avec sa lame sur le champ de bataille, l'autre utilisait un bouclier pour parer les attaques ennemies, avec ces deux-là je possédais un combo très efficace, mais me coûtant beaucoup d'énergie. Niamh et Tanhaö avaient tout deux entonné un air guerrier afin de se conférer plus de puissance. Tout se jouait maintenant. Tanhaö chargea l'ennemie en tourbillonnant avec son espadon, entaillant le Chevalier à la jambe. Niamh en profita pour lui asséner un violent coup de marteau dans l'épaule droite, un craquement sinistre se fit entendre, celui des os brisés. L'espadon de la courtisane des cauchemars tomba au sol, trop lourd pour un seul bras. Mais elle ne se rendît pas, sourît et tendit son bras valide. Une intense vague de chaleur se fît sentir et un éclair de flamme parti en direction de Niamh, mon fantasme se sacrifia, accomplissant son devoir, puis se disloqua en papillons et fragments de verre violets. Cependant il en faudrait plus pour la stopper, elle se remît en position incantant un sort puissant, mais je fus plus rapide, j'enfonçais mon espadon dans un portail magique et une lame illusoire sortie du sol sous son bras, le sectionnant juste après le coude. Elle hurla de douleur et tomba à genoux. Tanhaö et Niamh l'immobilisèrent :
« Alors Chevalier de Braises, est-ce toujours aussi amusant de tuer mes soldats, demanda Niamh furieuse ?
- Il n'y a rien qu'y n'eût été plus amusant, quoique le désespoir sur ton visage devait être un sacré spect-, elle n'eût pas le temps de finir sa phrase que Tanhaö lui envoya violemment un coup dans le visage.
- Tais-toi ! Personne ne t'as autorisé à parler sale monstre, tu n'es qu'une vulgaire marionnette stupide qui exécute les ordres sans réfléchir.
- Qu'est-ce qu'un simple soldat en sait ? Que connais-tu au cauchemar ? Tu devrais plutôt demander à ton cher ami là-bas il devrait s'y connaître, s'écria-t-elle en riant !
- Le cauchemar hein ? Il lui mît un énorme coup de genou et lui cassa le nez. Tu sais ce que j'en pense du cauchemar ? Je vais tous vous écraser, un par un en prenant soin de ne plus jamais vous laissez vous en prendre à qui que ce soit, et vous allez payer, payer pour ce que vous lui avez fait, payer pour toute la souffrance que vous avez répandue.
- Des paroles, ce ne sont que d-»
Elle n'eût pas le temps de finir sa phrase que sa tête roulait au sol dans une flaque de sang. Tanhaö l'avait décapité d'un coup, sans hésitation, et la lueur dans ses yeux m'effraya.

Nous fîmes le chemin du retour sans dire un mot, comme si le combat nous avait rendus muet. Nous rejoignîmes le Bosquet à la tombée de la nuit. Nous saluâmes Niamh et rentrâmes nous coucher. Je regardai les étoiles, je ne me sentais pas vraiment bien, je n'avais jamais aimé me battre, encore moins tuer. Jusqu'où pouvions-nous aller en suivant nos émotions ? C'est ce que je me demandais. Tanhaö était à côté de moi, il ne disait rien non plus, il semblait étrangement calme, il ne souriait pas. Soudain il me regarda et me dit :
« Tu n'as pas dit un mot sur le chemin du retour, tu es sûr que tout va bien ?
- Je ne sais pas... Était-ce la bonne chose à faire, les tuer froidement, ne sommes pas nous différents du cauchemar ?
- Nous sommes différents, nous les avons tuées pour ce qu'elles ont fait, ce qu'elles t'ont fait. Nous ne les avons pas torturées, juste tuées simplement afin de les stopper.
- Mmh... C'était désagréable tu sais...
- Quoi donc ?
- Tuer. Ôter la vie d'un être vivant, d'une personne. À ce moment là je ne pensais qu'à te sauver, mais maintenant je me demande si j'ai bien fait...
- Awmn, tu es une bonne personne, ces êtres là étaient maléfiques, ils venaient de tuer des skritts sans défense, ne doute pas de toi pour ça. Tant que je serai à tes côtés tu ne sombreras pas dans le cauchemar, sois en certains.
- Je te fais entièrement confiance Tanhaö, merci de m'avoir aidé... Je t'aime, plus que tu ne le pense, murmurai-je en souriant.
- Je sais, je t'aime aussi Awmn, il m'embrassa.
- Tanhaö est-ce que je peux te demander quelque chose ?
- Tout ce que tu voudras.
- Pars avec en voyage avec moi. Je veux découvrir la Tyrie, je veux savoir ce que le monde peut nous offrir, je veux explorer toutes ces contrées pleines de récits et de mythes, mais je ne veux pas le faire seul. Je veux le faire avec toi.
- T-Tu veux vraiment partir comme ça vers l'inconnu ?
- Ça ne te plaît pas ? Je suis désolé, je... Je pensais que...
- Tu penses bien, j'adorerais découvrir le monde avec toi.»

Chapitre X-/ La coterie:
Il faisait beau ce matin là. Le soleil jouait avec les nuages et offrait une lumière diffuse et claire, les oiseaux chantaient, le vent murmurait dans les arbres… BOUM ! Une énorme explosion retentît dans la clairière. «Évidement, une journée calme ça n’existait pas avec eux.» pensais-je. Une voix furieuse s’éleva à l’opposé de l’explosion «Daakiiiiiiiiiin ! Si c’est encore toi qui joue avec tes bombes je te promets que ça va mal aller !».

La voix ? C’était Shlingg, le guerrier de notre coterie. Il était un peu grognon de temps en temps, surtout le matin et il ne fallait surtout pas le déranger pendant qu’il dormait. Il était très fort, pour un asura en tout cas, et une fois dans son armure et armé il était un guerrier redoutable maniant aussi bien le marteau que l’espadon, quoiqu’il avait une préférence pour le marteau. La finesse ce n’était pas vraiment sa tasse de thé, mais il restait tout de même un fin stratège et un génie hors paire. Comme chaque membre de cette coterie il avait une spécialité et il excellait dans l’art de la guerre. Les Veilleurs l’ont d’ailleurs recruté et il était assez haut gradé avant de nous rejoindre, après l’attaque de Scarlet sur l’Arche du Lion. Il voulait commencé une nouvelle vie sûrement.

Enfin bon, il valait mieux que j’aille voir ce qu’il se passait avant que Shlingg ne tue quelqu’un. Je sortis donc de mon lit péniblement, enfilai rapidement une tunique en tissu, mis mes bottes et partis vers la colonne de fumée qui noircissait le ciel. A peine arrivé sur les lieux je vis Shlingg dans son armure de combat, une magnifique et rutilante armure grise et or bourrée de technologies asuras brillantes et jaunes. Chose inhabituelle il ne portait pas son casque cette fois-ci, laissant voir tout son visage. Il avait une peau verte assez foncée, des yeux gris avec une pupille jaune et portait un bandeau pour tenir ses dreadlocks en place. Il avait toujours une moue blasée sur sa bouche ce qui pouvait parfois lui donner un air comique, bien que le plus souvent c’était effrayant. Il tenait son marteau à une main et la tête était posé contre le sol, les pistions qui le composaient était en marche et un petit peu de vapeur sortait du manche par moment. Une arme de sa création, version amélioré des marteaux étherlames, il en était très fier.

En face de lui se tenait Daakin, l’ingénieur de la bande. Il avait de jolis cheveux roses bonbons qu’il attachait en une petite cuche à l’arrière de sa tête. Il portait encore sa combinaison blanche et rose, tout aussi remplie de bidules asuras que celle de son opposant. Il avait la peau très pâle, légèrement rosée et son visage était le plus surprenant. Son oeil droit était masqué sous un cache-oeil asura améliorant la vision et qui émettait une lueur rose flash, mais qui ne masquait pas toutes les cicatrices autour de son oeil. Son oeil valide était entièrement noir, percé par une pupille jaune qui semblait lire au plus profond de votre âme, si toutefois vous en aviez encore une. Le pire c’était son sourire, il souriait en permanence, mais pas d’un sourire franc et amical non, mais d'un espèce de rictus horrible lui donnant des airs de psychopathe. Si seulement il n’en avait que l’air. Mais l’énorme charrzooka qu’il tenait suffisait à prouver le contraire, il était dément mais terriblement inventif et drôle. C’était un peu le fou de la coterie, un génie incompris qui avait une personnalité extravagante et un goût bien trop prononcé pour la propreté et les explosions, l’amenant souvent à créer des machines à l’utilité plus que douteuse, comme cette armure blanche auto-nettoyante qu’il portait au même moment.

«Mais c'est pas bientôt fini se raffut ?! J'aimerai bien dormir moi !» hurla une voix passablement énervée. Un asura à la peau sombre habillé en rouge et noir s'approchait d'un pas menaçant. C'était Klardd, un nécromant pour le moins effrayant mais c'était bien pratique parfois. Il avait des cheveux rouges vifs, de grands yeux jaunes orangés avec des pupilles fendues comme celle d'un félin. Il avait aussi un masque de tête de mort sur le visage, sorte de peinture indélébile, aussi longtemps que je m'en souvienne il l'avait toujours portée. Contrairement à ce qu'on pourrait penser cela participait beaucoup à renforcer son air adorable, parce qu'il fallait le dire, Klardd était très mignon avec ce masque. Sa dague en chair et autres ossements douteux l'était beaucoup moins cependant et l'aura sombre qu'il dégageait dissuada définitivement les deux autres de le défier. Ce genre de situation arrivait assez souvent en fait et finissait toujours de la même manière. C'était notre routine presque quotidienne mais on s'entendait tous bien lorsque nous travaillions sur les projets de la coterie. Bien que nos travaux ne soient pas reconnus par la plupart des habitants de Rata Sum nous possédions des créations révolutionnaire, combinant à la fois génie de l'ingénierie et la technomagie. Notre dernière grande invention était un golem de combat extrêmement intelligent capable de s'auto-régénérer avec les éléments qui l'entourent. C'était un vrai bijou de technologie ! La crème de la crème en matière de golem de combat ! Et il prenait la poussière dans notre entrepôt, faute d'usage adéquat...

Mais cette situation allait changée, j'en étais sûr et je le voulais plus que tout au monde. Partir à l'aventure à travers toute la Tyrie, découvrir des lieux inexplorés et des environnements différents, voilà le rêve que je chérissais depuis longtemps. Mais Shlingg, Klardd et Daakin n'étaient pas vraiment emballé par l'idée, il fallait qu'ils soient d'accord sur le seul sujet qui ne m'arrangeait pas... Heureusement j'avais l'appuie inconditionnel de Pchytt un jeune élémentaliste de Rata Sum. Il c'était joint à nous un an auparavant. Il avait de longs cheveux bleus turquoises qu'il attachait et faisait remonter en forme de flamme tout en laissant retomber deux mèches sur son visage. Il avait la peau couleur crème avec des tâches plus foncées sur le front et les oreilles. Ces yeux étaient légèrement mauves bien que très proche du blanc et il avait un sourire amical qu'il affichait presque tout le temps. Il s'entendait bien avec tout le monde et voulait, comme moi, partir à l'aventure. Mais je ne voulais pas le faire sans les trois autres, à quoi cela rimerait si ils n'étaient pas avec nous ? Cependant aujourd'hui j'avais décidé de les faire changer d'avis et je connaissais leurs points faibles. Klardd ne voulait qu'une chose, comprendre la mort et l'approcher d'encore plus près, Daakin voulait ce faire une renommée mondiale en tant «qu'artilleur de génie», et Shlingg était déterminé à ne plus jamais laissé des gens dans le besoin. J'avais tout préparé et il ne restait plus qu'à leur faire un beau discours.

Chapitre XI-/ Le discours:
PDV Klardd

Je fus un peu surpris quand Dzëek nous réunis pour tous nous parler. Il n'était pas à l'aise avec les gens, il ne l'avait jamais été et bégayait même un peu par moment. Rares étaient les asuras peu sûrs d'eux et cela lui donnait un air attachant. Je ne savais pas ce qu'il avait à nous dire mais il avait revêtu sa tenue de combat : l'uniforme du prieuré, les épaulières des Veilleurs, un pantalon large et des gants pour tirer à l'arc, le tout dans tes teintes ambrées de très bon goût. Il était toujours comme ça, bien habillé, un vrai dandy ! Ses cheveux blonds étaient impeccablement coiffés en une mèches qui ondulait vers la gauche et contrastaient avec sa peau brune. Le plus beau chez lui c'était ses grands yeux bleus, ils avaient quelque chose de triste au fond mais ressemblaient à des miroirs d'eau. Le tout formait un petit asura adorable mais qui maniait l'arc sans pareil et pouvait vous enraciner sur commande.

Il commença alors son discours :
«Mes amis, chère coterie, si je vous ai réuni aujourd'hui c'est pour vous parler d'un projet qui me tient à cœur. Comme vous le savez déjà Pchytt et moi souhaitons voyager à travers toute la Tyrie, mais j'ai pris la décision de ne pas partir sans vous, parce que je veux faire ce voyage avec mes amis. C'est pourquoi...
- Je m'en fiche ! Je ne viendrai pas de toute façon, j'ai autre chose à faire ici et je ne vois pas pourquoi je m'embêterai à partir en voyage avec eux, dit Daakin en pointant le nécromant et le guerrier du doigt.
- Hmpf, tu crois que je veux partir avec toi, grommela Shlingg d'un ton las ?
- M-Mais vous pourrez...
- On s'en fout c'est bon lâche l'affaire, conclut Daakin en se levant !»
Dzëek était au bord des larmes, ses yeux s'embuaient à vue d'œil et cela me fît mal, à quel point voulait-il partir avec nous ? Pourquoi était-ce si important pour lui ?
«Daakin tu te rassois, Shlingg tu écoutes attentivement, et vous le laissez parler, c'est important, dis-je d'un ton autoritaire.
- Et tu le défends en plus ? Mais partez sans nous !
- J'ai dit tu te rassois et tu te tais.
- Ok ok on se calme, je m'assois.
- M-Merci Klardd... Il prit une grande inspiration et poursuivit, je disais donc que chacun d'entre vous pourra explorer le domaine qu'il veut au cours de ce voyage. Nous n'avons pas de limite de temps et je veux en profiter pour accomplir les rêves de chacun.
- Comme si tu savais ce dont on rêvait, nota Daakin.
- Je le sais, je vous connais depuis si longtemps maintenant, nous sommes amis pas vrai ? Daakin je sais que tu veux être reconnu comme artilleur à travers le monde entier.
- Comment sais-tu ça la fouine, dit-il en rougissant ?!
- Tu parles souvent tout seul au laboratoire alors des fois je t'entendais. Je me suis dit que si tu pouvais rencontrer des charrs tu pourrais être reconnu par ses derniers et te faire un grand nom dans le domaine des explosifs...
- C'est vrai, je n'y avais jamais pensé, admit-il à mi-voix.
- Shlingg tu veux aider les gens dans le besoin non ? Depuis l'attaque de Scarlet beaucoup de choses ont changées mais il y aura toujours quelqu'un à aider, le pacte par exemple. Je pensais leur proposer nos services pour un temps afin de les aider dans la Jungle de Maguuma qu'en penses-tu ?
- C'est une idée assez bonne, murmura l'intéresser.
- Et toi Klardd, continua-t-il en se tournant vers moi, tu veux étudier la mort, alors pourquoi ne pas demander à chaque race et chaque peuple ce qu'ils en pensent et quels sont leurs rites funéraires. On pourrait rencontrer les plus grands nécromanciens et t'aider à trouver des réponses.
- Ce serait formidable, répondis-je excité par le proposition, mais comment pouvons partir sans argent ?
- Et bien à ce propos...
- J'ai une grande nouvelle à vous annoncer, fît une voix enjouée !
- Pchytt, m'étonnai-je ?
- Tu as eu mon message, demanda Dzëek ?
- Oui, ton aigle est impressionnant, voler jusqu'à moi dans tout Rata Sum, c'est effrayant ce don pour la traque. Mais là n'est pas la question, j'ai réussi à vendre la plupart de non inventions à divers personnes à Rata Sum, et à prix d'or ! Nous allons être riches !
- Et on pourra partir en voyage, répondirent les trois asuras assis.
- Et on pourra partir en voyage oui... Mais depuis quand ça vous intéresse ?
- Bah tu vois... Dzëek avait d'assez bons arguments alors du coup, plaisanta Daakin.
- Ah ! Moi qui était inquiet quand j'ai reçu ton message pour dire que tu allais lors exposé ton projet, visiblement tu t'es bien débrouillé, bravo !
- C'est grâce à Klardd, il les a maintenu attentif tout le long de mon discours, avoua-t-il en me regardant avec un sourire timide.
- Oui mais ce sont tes arguments qui nous on convaincus, ne sois pas modeste on dirait un sylvaris, dis-je en rigolant !
- Mmh, si tu le dis, en tout cas j'annonce qu'on part demain, alors préparez vous bien et à demain !»

Chacun partit alors dans ses quartiers pour se préparer au voyage. Il ne fallait prévoir que le strict minimum, rien d’encombrant ni de trop lourd. Je décidai donc de faire simple en prenant l’ouvrage de nécromancie sur lequel je travaillais, mon bâton, ma dague et mon cor de guerre, un lit transportable – l’une de nos inventions les plus utiles – et quelques friandises que j’affectionnais. Comme j’avais fini de préparer mon sac je décidai d’allé voir Dzëek avant la nuit. Je le trouvai dans sa demeure à préparer ses affaires. Ou plutôt à déplacer sa garbe-robe dans un sac.
« Dzëek, tu ne peux pas emmener tout ça, on a pas d’animaux de transport ni de golem alors pars léger, lui conseillai-je.
- Mais je vais mettre quoi si je n’ai pas tout ça ? Et puis si jamais on a besoin d’une tenue pour un évènement particulier je l’aurai !
- Mets ton armure habituelle, elle te va très bien, et puis si vraiment on a besoin de quelque chose on l’achètera ne t’en fais pas.
- Moui, je suppose que tu as raison, dit-il en sortant les vêtements et en les reposants dans sa penderie, oh j’allais oublier ! Merci Klardd de les avoir gardé attentif tout le long, j’apprécie ce que tu as fait, avoua-t-il en rougissant.
- Ne t’en fait pas c’est normal, tu avais l’air d’y tenir tellement, ils se devaient au moins de t’écouter, répondis-je en souriant.»

PDV Pchytt

Tout le monde faisait son sac mais le mien était prêt depuis quelques jours déjà puisque j’étais parti à Rata Sum. Je n’avais donc rien à faire et décidai de flâner dans le territoire de la coterie. C’était près d’un arbre que je trouvais Shlingg, assis à regarder ses pieds d’un air triste.
« Hey ça va, demandai-je d’un air jovial ?
- Mmh ? Ouais ça va, répondit-il absent.
- Et sans me mentir encore une fois, suggéra-t-il d'un ton léger ?
- Tss laisse moi tranquille... Je t'ai dit que j'allais bien.
- Comme tu voudras ! Mais ne ressasse pas trop le passé, ce n'était pas de ta faute.
- Qu'est-ce que tu en sais ?! Laisse moi maintenant, il faut encore que je prépare mes affaires...
- Ils vont tous de l'avant tu sais, c'est dur pour eux aussi mais ils y arrivent, tu devrais essayer de faire pareil.
- Pars, hurla le guerrier ! J'en ai assez de tes conseils.»

Je partis donc tranquillement le pas léger. Si tous étaient aussi modestes que Dzëek les asuras n'auraient de raison de d'être. Mais Shlingg avait une fierté personnelle très développée et refusait toujours d'exposer ses sentiments aux gens, je le comprenais au fond, avant moi aussi j'étais comme lui...


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Re: Les contes de Pattou

Message par Vrendax le Mer 12 Aoû - 9:35

Hello,

Ton récit est sympa à lire.
J'aurai peut être pensé le bosquet moins enclin à décorer un membre de la cour des cauchemars.
Et il serait intéressant de savoir si le chevalier de braises etait ou non dans le camp la seconde fois vu comment elle a pu dominer le combat la première fois et le fait qu'elle considérait Awmn comme l'élu ...

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Re: Les contes de Pattou

Message par Patte de Cerf le Mer 12 Aoû - 12:33

Merci Vren' !

La sylvaris ayant sauvée Awmn était une jeune recrue qui n'était pas complètement corrompue et qui a aidé lors de l'assaut, c'est également parce qu'Awmn l'a demandé qu'elle fut décorée.

Quand au Chevalier de Braise je ne l'ai pas oubliée, je vous poste bientôt le chapitre 7 d'ailleurs Wink

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Re: Les contes de Pattou

Message par Patte de Cerf le Jeu 13 Aoû - 12:45

Comme promis le chapitre 7 vient d'être ajouté ! Bonne lecture à tous Smile

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Re: Les contes de Pattou

Message par Alex le Jeu 13 Aoû - 18:38

"jkjshgkjhg"
Tel était ma réaction à la fin. :')

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Re: Les contes de Pattou

Message par Patte de Cerf le Jeu 13 Aoû - 19:32

Puis-je demandé les raisons d'une telle réaction ? :')

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Re: Les contes de Pattou

Message par Alex le Jeu 13 Aoû - 19:50

C'est trop bien ! (Bon ok, la toute toute fin m'a fait craqué aussi...)

J'aime beaucoup ta façon d'écrire (Et retranscrire les pensées d'un personnage ce n'est pas évident.), ainsi que ton histoire Very Happy

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Re: Les contes de Pattou

Message par Vrendax le Jeu 13 Aoû - 23:14

C'est sur ca se lit tout seul, tu racontes tres bien l'histoire qui fait une introduction de Awmn vraiment détaillée ouvrant plein de possibilités.
Moi je serai preneur pour plus de détails aussi sur le passé de Tanhao et sur les rêves qui sont faits.
Awmn croyait Tanhao encore non réveillé une semaine avant d etre libéré alors qu il semble être soldat depuis longtemps avec deja une belle maison. Ca fait reconsidérer le début de l'histoire où ils n'ont pas réussi a se croiser.
Il te reste matière a écrire pas mal encore si tu as une suite en tête avec ce chevalier de la cour des cauchemar et le destin de tes héros. .

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Re: Les contes de Pattou

Message par Patte de Cerf le Ven 14 Aoû - 12:16

Merci beaucoup vous deux !

@Alex : j'ai fait exprès de faire quelque chose de très "light" niveau amour, mignon et léger pour mes sylvaris, mes humains (les pauvres) n'auront pas le même sort Very Happy !

@Vrendax : C'est noté je vais rajouter des détails à l'histoire, merci de me donner un avis détaillé ça me permet de développer mes suites. J'ai prévu un peu de combat, j'espère ne pas faire quelque chose de bizarre :')

Awmn et Tanhaö n'étant pas mes seuls persos il y aura bientôt (d'ici 3-4 chapitres peut-être) des zooms sur deux nouveaux personnages

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Re: Les contes de Pattou

Message par Patte de Cerf le Mar 18 Aoû - 23:58

Chapitre 8 posté ! Oui le titre fait penser à Twilight, désolé mais c'est celui qui colle le mieux Razz

En espérant qu'il apporte suffisamment de réponses. J'annonce du combat dans le prochain chapitre !

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Re: Les contes de Pattou

Message par Patte de Cerf le Ven 28 Aoû - 1:19

Chapitre 9 maintenant disponible (sur mon deuxième poste pour manque de place).

La partie combat est un peu maladroite mais je ne suis pas vraiment doué pour ça, c'est pas faute de lire des bouquins avec de la baston pourtant ! Bref, je suis plus dans une période moins bourrin et assez romantique donc amateurs de ces choses là éclatez vous !

Breeef, j'espère que ce chapitre vous plaira, il est un peu plus long (je crois) mais c'est le dernier chapitre avec uniquement Awmn et Tanhaö , les prochains chapitre se tourneront vers mes personnages asuras, mais je n'oublie pas mes deux héros ne vous en faites pas !

Des bisous,

Pattou

P.S : Vive les triples-postes...


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Re: Les contes de Pattou

Message par Patte de Cerf le Dim 30 Aoû - 23:53

Chapitre 10 posté, le 11 est en cours. Dites moi ce que vous pensez de cette introduction de nos amis asuras !

Des bisous,

Pattou

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